Partager l'article ! L’agriculture bio est-elle rentable ?: La réponse est limpide pour les agriculteurs interviewés : oui ! Les raisons, elles, sont mu ...
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La réponse est limpide pour les agriculteurs interviewés : oui ! Les raisons, elles, sont multiples : une forte demande et peu d’agriculteurs
bios dans les Alpes-Maritimes, une agriculture en effet plus onéreuse à développer, mais des produits vendus plus cher. Au final, le professionnel s’y retrouve et profite d’une tendance à la
hausse.
Tout d’abord des chiffres. L’agriculture biologique dans les Alpes- Maritimes est représentée par 102 exploitations à la fin de l’année 2009. Ce qui représente 5,8 % des productions agricoles du département. Un mode d’agriculture choisi par les professionnels puisqu’en 2007, on comptait 73 exploitations en bio ou en cours de conversion. Un chiffre déjà supérieur à la moyenne nationale de 2 %, mais loin derrière la moyenne régionale qui était alors de 6,3 %.
De plus en plus de
consommateurs
Le bio devient de plus en plus présente dans les Alpes-Maritimes, ce qui est cohérent au regard de la consommation des Français pour le bio en constante augmentation. En France, ce marché alimentaire progresse de 10 % par an, contre 3,6 % pour le conventionnel. Or, les surfaces en mode de production biologique (certifiées et en conversion) ont progressé de 0,8 % par an de 2006 à 2007. En conséquence, une partie importante des produits biologiques consommés en France est importée. Ce décrochage de la production par rapport à la consommation est particulièrement accru dans les A.-M. qui représentent un bassin de consommation de produits bios important. Mais alors, s’il est effectivement rentable pour un agriculteur de produire du bio, et que la demande est en hausse, même si le bio est en constante évolution, pourquoi ne constate-on pas un boom de cette agriculture dans le département ? La réponse, pour Joëlle Ruggeri, agricultrice, est toute simple : « Il n’y a plus de terrains agricoles, et s’il y en a, ils sont vendus à des prix exorbitants ». Et d’ajouter : « Quand je suis arrivée dans la région, il y a 20 ans, je voulais déjà faire du bio. Je me suis alors renseignée à la chambre agricole. Mais il n’y avait que très peu de renseignements… À l’époque, le bio n’était pas à la mode, peu de personnes s’y intéressaient. Ne pas avoir poussé les agriculteurs vers cette agriculture a été une erreur car rattraper le retard est maintenant très difficile. »
La conversion
Si l’achat de terrains semble compromis, il reste aux agriculteurs déjà en place à se convertir. « Il existe trois types d’aides », explique Cécile Roques, animatrice et technicienne d’AgriBio 06, association qui propose, entre autres, l’accompagnement des conversions (voir encadré) : « Un plan de conversion avec une aide financière, dont le montant maximum pour 2009 était de 7 600 €, un crédit d’impôt, et le remboursement de la certification bio payée à 50 % par la région, 50 % par l’Europe ». Mais concrètement, sur le terrain, se convertir n’est pas si facile. Jean Federzoni, le patron de Naturdis, soutient « qu’une terre qui a subi une agriculture classique pendant des années, va mettre du temps à produire correctement sans les pesticides et les désherbants… Donc, au départ, l’agriculteur qui va se convertir va avoir du mal à s’en sortir. Personnellement j’en ai bavé, mais dès que c’est rentable, c’est de la tarte à la crème ».
Julie Baquet
Le Petit Niçois
21 janvier 2010