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Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 15:26

02.jpg Le 24ème sommet France-Afrique, retenu comme le dernier grand rendez-vous africain de Jacques Chirac, a eu lieu les 15 et 16 février à Cannes. L’occasion de dresser le bilan de douze années de politique française sur le continent noir.
Le rideau est tiré. Jacques Chirac a clôturé le 24ème sommet France-Afrique à Cannes. Organisé sur le thème de «l'Afrique et l'équilibre du monde», il a réuni les représentants des 48 pays africains sur les 53 que compte le continent. Après 12 années de diplomatie, ce fut probablement le dernier sommet pour “l’Africain”. Même si la porte n’est pas complètement refermée, Jacques Chirac n’ayant pas exclu une éventuelle candidature à la présidentielle. «Vous me demandez si c'est mon dernier sommet ? Je vous réponds : oui... pour cette année», a indiqué en souriant le président français. Et ce même si son bilan est mitigé. Car le président Français est loin de faire l’unanimité. Et certains candidats à la présidentielle, à l’instar de Ségolène Royal, fustigent une politique «privilégiant systématiquement les amitiés personnelles au détriment de l’intérêt général». Critiqué notamment pour le soutien apporté aux dirigeants du Tchad et du Centrafrique, à Cannes Jacques Chirac a posé, lors de la traditionnelle photo de famille, aux côtés de chefs d’état africains lourdement mis en cause. A  savoir le Gabonais Bongo, au pouvoir depuis 1967, le soudanais Omar al-Bachir, accusé de génocide au Darfour, ou encore l’Ethiopien Meles Zenawi ou le Nigérian Olusegun Obasanjo…

Critiques
Résultat, à Monaco, les consuls des pays africains n’hésitent pas à juger sévèrement Jacques Chirac.
Sur la politique africaine du président français, le jugement tombe comme un couperet. «Il n’a pas vraiment le courage de sa position. Il va sur la pointe des pieds, n’ose pas froisser. Ce n’est pas l’idée que je me fais d’un chef d’Etat», explique Sylvain Cohen, consul honoraire à Monaco du Sénégal. Dans le collimateur, une politique française qui tente de conserver coûte que coûte les intérêts de la colonisation. Or, la présence de la France en Afrique est aujourd’hui en déclin. Certaines puissances, comme la Chine et le Japon, ont bien compris l’intérêt d’investir dans un continent qui émerge et sur lequel il faudra à l’avenir compter, en raison de sa démographie exponentielle, et de la richesse de ses terres en minerais (or, pétrole, diamant). «La logique internationale n’est plus la même. Il y a de nouveaux intérêts en jeu, ceux de pays riches comme le Gabon ou le Nigeria qui ont le paradoxe d’avoir un PIB nul», lance Sylvain Cohen. Même les 8,1 milliards d’euros d’aide publique au développement budgétés en 2006 font débat. «Plutôt que de donner de l’argent aux pays d’Afrique, la France ferait mieux d’envoyer des formateurs pour les aider à se développer», explique Sylvain Cohen. De même, si Mohamed Lamine Maherzi, consul de Tunisie à Monaco, qualifie la politique chiraquienne à l’égard de son pays comme étant «très clairvoyante», il souhaiterait la voir optimiser : «Il faut améliorer le système de la coopération économique, social, culturel et sportif. Il faut envoyer des ingénieurs et de la compétence sur le terrain». Ce qui implique que l’autre cheval de bataille de la politique française, à savoir le programme Unitaid de lutte contre les grandes pandémies, ne serait pas jugé suffisant. Pourtant, lors de la cérémonie d'adhésion de Cannes, 18 pays africains ont officialisé l’adoption de ce système de financement de centrales d'achat de médicaments contre le paludisme, le sida et la tuberculose via l’achat de billets d’avion. Et pour l'heure, seuls 23 pays l’ont adopté.

Les mesures du 24ème sommet
Outre l’adieu au président français, la situation de crise au
Darfour et en Guinée furent les principaux points à l'ordre du jour traités lors de ce 23ème sommet. La réunion sur le Darfour a débouché sur une déclaration conjointe où les signataires (les présidents tchadien, centrafricain et soudanais) réitèrent une promesse déjà faite par le passé : celle de respecter les souverainetés et de ne pas soutenir de mouvements armés. Ce sommet a également permis de pointer du doigt la place de l’Afrique dans le monde et dans les institutions internationales. Des sièges ont été demandés au Conseil de sécurité, à l’agence des Nations Unies et dans les institutions financières internationales. «Espérons que ces écrits se concrétiseront», aspire Mohamed Lamine Maherzi, consul de la Tunisie à Monaco pour qui «l’Afrique a besoin de la France». Ce qui explique pourquoi les représentants des pays africains à Monaco regardent désormais vers Paris pour savoir qui assurera en mai la relève à l’Elysée. Sylvain Cohen se montre inquiet : «Je ne sais pas ce que cela va donner». Et de donner le profil de chef d’Etat qu’il souhaiterait voir élire : «Il faut quelqu’un qui prenne des décisions fermes et qui les assume». A bon entendeur...

Monaco Hebdo n°550, du 22 au 28 février 2007

 

Par Baquet - Publié dans : Politique
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Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 15:19

tractage-nice-2006-12.jpg Définition d’une stratégie, collage d’affiches, distribution des tracts, financement d’une campagne… Tour d’horizon de la vie militante des partis politiques en course pour l’élection présidentielle.

À J–79 du premier tour de l’élection présidentielle, tous les partis politiques sont dans les starting-blocks. Car il s’agit aujourd’hui de convaincre. Encore récemment, un sondage CSA du 10 janvier (paru dans Nice-Matin) plaçait Nicolas Sarkozy en tête dans les Alpes-Maritimes avec 36% des intentions de vote, devant Ségolène Royal (25 %) et Jean-Marie Le Pen (19 %). Tandis que François Bayrou (6 %), Marie-Georges Buffet (4 %) et Arlette Laguiller à égalité avec Philippe de Villiers (3 %) occupaient la queue du peloton. Juste devant Olivier Besancenot et Dominique Voynet (2%). Un classement qui n’est pas gravé dans le marbre, comme le montrent la baisse dans les sondages au niveau national de Ségolène Royal et la percée du candidat UDF.

Réunions, débats, meetings
Du coup, tout est jouable. C’est pourquoi, avant d’investir les rues du département, les militants définissent leur stratégie. Une organisation propre à chaque parti, avec des réunions internes, à fréquence variable. Exemple : avec 15 000 adhérents dans les Alpes-Maritimes, à l’UMP, c’est l’effervescence. Le comité de soutien vient de s’ouvrir. Chaque semaine, c’est le “sarko-saint” rendez-vous militant. Du côté du Parti socialiste, le principal adversaire, une cinquantaine de débats participatifs ont déjà eu lieu dans tout le département. Après l’annonce du programme de Ségolène Royal, Sophie Jourdan, permanente fédérale, va mettre en place «d’autres réunions». À l’ordre du jour du prochain comité : le meeting marseillais du 22 mars auquel la fédération 06 se rend en masse. Quant à l’UDF, il vient juste d’inaugurer son nouveau comité de soutien à François Bayrou. Avec une logique différente : alors que les deux principaux partis ont tendance à centraliser les réunions sur Nice, l’UDF joue la carte de la proximité.  Ainsi, leurs
4 500 relais de campagne existant dans toute la France et les 52 correspondants cantonaux basés en PACA «permettent aux gens de ne pas avoir à se déplacer jusqu’à Nice pour militer», lance Lauriano Azinheirinha, référent régional de la campagne. Avec pour objectif d’organiser une cinquantaine de débats publics dans tout le département. Une politique décentralisatrice qui s’opèrera également au PC, où le comité de campagne de Marie-Georges Buffet vient de s’implanter à Nice, rue de France. «La campagne s’organise de façon très locale et par circonscriptions», explique Robert Injey, secrétaire départemental. Par ailleurs, si l’on sait déjà que Bruno Gollnisch et Marine Le Pen viendront à Nice au mois de mars pour un débat public, côté organisation, la logique est différente au Front National. Ils attendent que leur président ait les 500 signatures pour attaquer la campagne militante. La logique devrait être la même pour le MPF, Philippe de Villiers qui n’a pas encore en poche les engagements des maires. Pourtant, le mouvement se mobilise avec des débats internes, et «une grande réunion publique à Grasse au mois de mars avec comme invité Patrick Louis, député européen», précise Gilbert Pillone, responsable de la campagne du candidat dans le 06.

Collage et tracts en perspective
Côté pratique, tout bon militant qui se respecte se doit de connaître le manuel d’une affiche bien collée. Car le matraquage commence à sévir dans les Alpes-Maritimes. Avec «10 000 affiches et 100 000 tracts depuis le début de l’année», au Parti Socialiste des Alpes-Maritimes, ça colle et ça distribue. Les affiches paysagères (sans pommes cette fois-ci) de l’UMP envahissent, eux aussi, les panneaux électoraux. Tout comme le PS, c’est la grosse artillerie qui se chiffre en quelques dizaines de milliers. Les militants ne rechignent pas à la tache avec un tractage tous les week-ends. Mais sans bagarre pour l’instant entre colleurs d’affiches, même entre aficionados du FN et du PCF. Las du temps où le travail de militant sur le terrain se terminait en règlement de compte, cette fois, frontistes et communistes affirment que les moeurs se sont adoucies. Hormis quelques «débordements dus au manque de place», selon Robert Injey, conseiller municipal à l’étiquette PCF.

Financement de la campagne
Mais attention ! Être militant, c’est un vrai travail, qui plus est, non rémunéré. Alors pour rembourser les bénévoles, chaque parti a son système D. Les leaders bénéficient d’une enveloppe nationale. Soit 24 000 euros pour la fédération 06 du PS. «On attend un autre versement. Un financement bienvenu car les cotisations des adhérents n’est pas extensible. Ça nous aide à trouver des salles, difficile dans un territoire traditionnellement à droite», explique Sophie Jourdan. À L’UMP «le montant est équivalent au PS», lance Bertrand Gaziglia. Alors que le PS et l’UMP développent des campagnes au budget colossal, les “petits” partis, comme l’UDF, fonctionnent différemment. «Les responsables de campagne font leurs “fiches-action”. Leurs besoins sont évalués au cas par cas», explique
Lauriano Azinheirinha. Au FN, ça fonctionne par note de frais, payé par le siège. « Du sceau au bidon, tout est centralisé et on a même reçu trois estafettes», indique Rémy François. Au MPF, le financement est opéré par le siège : «Paris nous fournit directement le matériel de campagne. Le reste fonctionne entièrement par bénévolat. La trésorerie est maigre et la majorité de son budget est consacrée aux meetings», explique Gilbert Pillone. Enfin, le PCF vit sur ses cotisations. Pas de note de frais, ni de remboursements. Chaque euro se compte. Un comportement loin d’être étonnant car en France, le candidat doit remporter 5 % des suffrages pour être remboursé par l’Etat à 50 % des frais de campagne.

Monaco Hebdo n°549, du 15 au 21 février 2007
Par Baquet - Publié dans : Politique
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Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 15:11

aff.jpg Parmi les 700 longs-métrages qui ont établi villégiature à Nice et dans les studios mythiques de la Victorine, René Prédal nous plonge dans la fabuleuse Histoire de la Victorine en 50 films, édité chez les Productions de Monte-Carlo.

Il existe peu de lieux gardant en mémoire la riche histoire du septième art. À l’image des studios hollywoodiens de la MGM, la Victorine, située à Saint-Augustin à Nice, fut le fief du cinéma : des films mythiques furent tournés avec La Sultane de l’amour, Mare Nostrum, Les Enfants du paradis, ou La Nuit américaine. Et des superproductions avec Shéhérazade, Lady L. ou La Folle de Chaillot. Ainsi que les œuvres des fidèles du studio : Georges Lautner et Christian-Jaque. Mais également des curiosités signées Gérard Philipe, Jean Cocteau, Abel Gance. Et des films musicaux ou les polars d’Eddy Constantine. Ainsi, Marcel Carné, Arletty, Richard Burton, François Truffaut et bien d’autres ont foulé le sol des studios.
Dans L’histoire de la Victorine en 50 films, édité chez les Productions de Monte-Carlo, René Prédal nous plonge dans l’univers fantasmagorique des coulisses de ce temple. Ce temple de 7 hectares dédié au cinéma naquit en 1919. Mais l’histoire remonte plus loin. En 1876, Victor Masséna achète à Saint-Augustin un terrain de vignes et d’oliviers qui deviennent une exploitation horticole. Il y fait alors édifier un pavillon de campagne appelé La Victorine. La villa non moins célèbre naissait. Et ce n’est qu’une fois achetée en 1919 par Serge Sandberg que les studios sortent de terre. Dès lors, la formidable histoire prend forme. Les studios sont loués pendant les années 20 à des maisons de productions, jusqu’à ce qu’en 1927, Sandberg le vende à Léonce Perret puis à René Isnardon. Les tumultes commencent pour les studios, «traversés par des tas d’histoires», lance René Prédal, l’auteur du livre. Il faut dire que la Victorine est à cette époque remuée par des restructurations de toutes part : Aubert-Franco-Film en 1929, Gaumont-Franco-Film-Aubert en 1930, SESCA en 1940, CIMEX en 1942, etc. À la libération, La Victorine est même mise sous séquestre et fin 1944 un incendie détruit des plateaux. «Les studios de la Victorine ont vécu des moments très noirs, entre malversations financières et des tas d’incendies, la guerre la même presque détruit. Et pourtant, aujourd’hui, il est toujours vivant. Et ce malgré sa vie en dents de scies avec des périodes de grandes productions et des moments où rien ne s’y passait», analyse le cinéphile.

«Les trente glorieuses»
Mais le temple niçois a eu sa période de gloire, «ses trente glorieuses », car dans les années 30, 40 et 50, les studios se vantent «d’une liste de films impressionnants». Avec entre autres : Tue la mort de René Navarre en 1920, La Roue du célèbre cinéaste Albert Gance en 1921, Mare Nostrum de Rex Ingram en 1925, Les visiteurs du soir de Marcel Carné en 1942 qui viendra également y réaliser le mythique Enfants du paradis en 1943-1944. Les secrets de ces films légendaires prennent vie dans le livre. On y découvre, par exemple que Les enfants du Paradis subirent les aléas de l’occupation d’abord mussolinienne puis allemande. Que Christian Jacque, dans Les pirates du rail, en 1937, avait transformé la gare de Fayence en gare chinoise entourée d’une muraille. Ou qu’en 1925, le Mare Nostrum de Rex Ingram avait engendré des travaux dignes d’Hercule… Bref, c’est une époque florissante pour le cinéma où les films s’enchaînent et les studios, fleurissent. Pourtant, les réalisateurs posent leurs valises dans le Sud. «Rien d’étonnant, explique le spécialiste, au début du cinéma, les pellicules étaient peu sensibles à la fausse lumière pour les impressionner. La Côte d’Azur bénéficiait d’une grande lumière naturelle. Et son paysage typique attirait beaucoup les Américains Nice ce n’est pas Paris, ce n’est pas Rome c’est un petit coin d’Europe si particulier». Mais son époque fastueuse s’étiole peu à peu.

Période noire
L’avancée des techniques cinématographiques et l’abandon progressif des studios de cinéma plongent la Victorine dans une période noire dès les années 60. À tel point que la ville de Nice devient propriétaire des terrains. «Les studios risquaient de disparaître», se souvient René Prédal. Et si les tournages sont aléatoires, il n’empêche que la Victorine survit, et donne encore naissance à du grand cinéma, «même si son ère opulente est derrière». Edmond Gréville y réalisera Quand sonnera midi en 1957, Bernard Borderie avec Lemmy pour des dames sera aussi de la partie en 1961. Mais c’est le fabuleux Lady L. de Peter Ustinov (1965) qui retient toute l’attention de l’auteur. Car ce sont les décors sur 6 000 m2 de terrains qui suscitent l’événement. Une place parisienne y est reconstituée. Et c’est ce fameux décor qui devient anecdotique. En 1968, Bryan Forbes l’utilise dans La folle de Chaillot. Et en 1972, François Truffaut en tombe amoureux. Il souhaite l’utiliser dans sa Nuit américaine puis de l’abattre devant les caméras. Refus du propriétaire. Truffaut repart bredouille. Et c’est René Prédal, l’auteur de ce livre qui en aura le privilège dans un documentaire sur les studios de la Victorine. Car pour cet auteur, l’histoire de la Victorine est avant tout celle d’une passion. «Ils ont quelque chose de mystique et de mythique. Ils sont insubmersibles», explique le cinéphile. Car les studios plongent dans les années 90 dans des malversations de toutes sortes et enchaînent les locataires censés relever la situation du studio. À tel point qu’en 1998, la ville de Nice obtient devant le tribunal d’instance l’expulsion de Jo de Raco, occupant les locaux depuis 4 ans sans droit ni bail. La situation du studio est au plus bas. La Victorine va même jusqu’à accueillir la société de production Endemol afin que soit tourné l’émission de télé réalité Nice People. Mais côté finance, entre 2000 et 2006, les studios vont bien avec 7 millions de chiffre d’affaires. Un succès financier qui n’est pas dû au cinéma mais à la publicité. Pourtant, les studios ont des projets, et dernièrement, Le héros de famille, Brice de Nice, Ne le dis à personne ou Les Aventures de Mister Bean 2 y ont fait leur cinéma.

Monaco Hebdo n°556, du 5 au 11 avril 2007

 

Par Baquet - Publié dans : Culture
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Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 15:05

Marek Halter - Photo DR Ecrivain, peintre et militant, Marek Alter, ne cesse de croquer la vie. Et pour mieux “donner l’espoir, c’est aujourd’hui avec Marie, son dernier roman, qu’il délivre un hommage aux femmes.

«Au temps de Marie, j’aurai été un compteur sur la place publique». On imagine très bien ce petit bonhomme barbu, au regard profond prêcher la bonne parole à l’aube du christianisme. Car Marek Halter est amoureux. Amoureux de la foi, de l’humanité et de l’espoir. «André Malraux disait : “Le XXI ème siècle sera marqué par les religions”. Il a raison. L’homme ne peut pas vivre sans espoir.»
Cet éminent écrivain à l’accent polonais, plonge cette fois-ci dans l’espoir des femmes. Ou plutôt “LA” femme. La courageuse, la volontaire, l’intrépide, la déterminée : Marie, mère de Jésus. «Marie est le prénom le plus répandu à travers le monde, tout le monde connaît son visage sur les peintures et sculptures. Le visage d’une femme soumise les yeux baissés. Était-elle
vraiment comme cela ?», s’interroge l'auteur. La réponse émane à travers les mots et l’histoire. La petite Vierge de Nazareth était une “Jeanne d’arc”, “un Gandhi” deux mille six cent ans avant Jésus-Christ. «Ce n’est pas possible»,
répond-t-il.  Il ajoute : «Il y a 2 000 ans, on lapidait les filles mère. Cette jeune femme Miryem allait annoncer qu’elle était enceinte, elle aurait été lapidée. Rappelons qu’a cette période les Romains dominaient dans ce que l’on pourrait appeler une sorte de “collaboration Pétainiste” où la résistance était punie de mort». Marie, pour Marek, est une femme résolument moderne, et incroyablement courageuse. «Tous les matins, cette femme voyait sur les croix les résistants agoniser. Elle ne pouvait pas rester les yeux baissés. Elle était obligée de se révolter contre la soumission.»

Le militant
Cet hommage à Marie peut paraître surprenant pour Marek Halter un homme de religion juive. Mais l’auteur n’hésite pas à expliquer son choix : «Je suis né en Pologne. Pays qui vénère Marie plus que son fil. Je suis né avec Marie.»
En juin 1985, il est reçu par le Pape Jean-Paul II au Vatican. C’est le début d’une longue amitié de vingt ans. Il participe alors au rapprochement de l’Eglise Catholique et du Judaïsme. Car ce qui caractérise Marek Halter c’est son ouverture d’esprit. D’ailleurs, il rêve, il espère «une religion qui ne soit pas la source de l’exclusion», explique-t-il.
«Marie et La Mémoire d'Abraham sont des livres très importants pour moi. Ces sujets m’ont bouleversés car ils racontent l’histoire du peuple juif.» Les mains croisées, il cherche ses mots et ajoute : «Ce livre c’est mon histoire. Celui de la langue hébraïque et araméenne, la langue de mon enfance.» À l'âge de 5 ans, ce Polonais s’échappe avec ses parents du ghetto de Varsovie. Dès lors commence le combat. Tour à tour voleur et pionnier, il émigre en Russie, et revient en Pologne en 1946. En 1950 la famille arrive à Paris. Dès lors né sa passion artistique. Marek devient peintre. Personnage multi facette, il devient militant. Après la guerre, il fonde le Comité International pour la Paix négociée au Proche-Orient et se rend à plusieurs reprises dans la région pour tenter de convaincre les dirigeants israéliens et arabes de se rencontrer. La lutte de l’écrivain commence. En 1976, Marek Halter publie son premier livre, Le fou et les rois, relatant ses expériences au Proche-Orient. « Ma lutte est modeste. J’écris des histoires en faisant intervenir dieu. Je milite, j’utilise ma renommée. Mon rôle est d’obliger les autres à réfléchir.» Et à travers Marie, c’est aussi les femmes qu’il défend. Il démontre que la force est amie de l’émotion : «Marie a inventé la résistance non-violente. Elle ne combat pas le mal par le mal mais par l’amour». Et parce que rien n’est jamais fait à moitié chez Marek Halter, dans la vie, il soutient le mouvement “Ni pute, ni soumise”. Le “Saint homme” n’en est pas a son premier engagement. 1967 : il fonde et préside le Comité international pour la paix négociée au Proche-Orient. 1984 : il crée le mouvement S.O.S Racisme qui compte aujourd’hui près de deux millions de membres. Il co-fonde plus tard l’action internationale contre la faim…
Celui qui se définit comme “le fils de la bible et d’Alexandre Dumas”, n’a pas pour autant fini son combat. Il prévoit un livre sur Khadîdja, l’une des femmes de Mahomet et confie : «On peut tout dire à partir du moment où on le dit avec amour.»

Monaco Hebdo n°541, du 14 au 20 décembre 2006

 

Par Baquet - Publié dans : Culture
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Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 14:54

07.jpg Retards incessants, bus bondés et chauffeurs énervés, voici le quotidien des Rapides Côte d’Azur ces dernières semaines. Une compagnie victime de son succès : sa fréquentation a cru de 40 % en moins d’un an et demi.

Il est 18h38 à l’arrêt de bus de la place d’Armes à Monaco. Une foule attend depuis déjà une demi-heure l’autocar censé les conduire à la gare routière de Nice. Ils attendent le Rapide Côte d’Azur (RCA) numéro 100 (Nice-Menton). Mais la patience des travailleurs, touristes et autres voyageurs est mise à rude épreuve. D’autant qu’à 18h41, le bus leur passe sous le nez, sans s’arrêter. Rebelote deux minutes plus tard. Motif : «Il y a trop de monde dans les cars», lance un agent du réseau posté à l’arrêt de bus. Il assure, qu’un autre bus, vide cette fois-ci, arrivera dans quelques minutes. Mais pour les usagers, la coupe est pleine. «En ce moment c’est n’importe quoi, grogne un jeune homme. Déjà ce matin, le bus avait 20 minutes de retard». Une autre cliente fustige «le manque de places assises à bord de l’autobus». 18h53 : le RCA arrive enfin. Et les places sont prises d’assaut. Si bien que, très vite, le car est rempli à ras bord. Une nouvelle fois, le chauffeur se verra contraint de refuser des passagers.

À qui la faute ?
Hélas, cette situation est loin d’être exceptionnelle. Elle est même devenue monnaie courante depuis la mise en place du «ticket à 1,30 euro». Une opération initiée par le Conseil général qui a eu un effet immédiat. Depuis le 1er janvier 2006, le réseau TAM enregistre une hausse considérable de voyageurs de plus 40 %. L’an dernier, 5,5 millions d’usagers ont emprunté l’une des 51 lignes du réseau contre 4 millions en 2005. Et sur la seule ligne Nice-Menton, ils étaient plus de 2 millions à choisir l’autocar comme moyen de transport. Résultat : les RCA sont victimes de leurs succès. Mais aussi d’un circuit routier catastrophique. Jean-Michel Lopez, directeur des Rapides Côte d’Azur, rappelle ainsi qu’il existe aujourd’hui «7 zones de travaux entre Nice et Menton. La circulation nous fait prendre du retard». Certes, le réseau des RCA assure prévoir à l’avance ces dysfonctionnement routiers. «Mais on découvre certains imprévus le matin même, ajoute Jean-Michel Lopez, en colère. Ce qui nous pollue le plus c’est la grève des trains». Car depuis le 8 avril, un mouvement social, initié suite à « la restructuration du travail des agents de la maintenance du matériel de Marseille», dixit la Sncf, paralyse les 105 000 usagers quotidiens empruntant les TER du 06. Et notamment ceux de la ligne Nice-Vintimille. Du coup, seulement 1 train sur 2, voire 1 train sur 3, est assuré. Ce qui contraint les usagers à se rabattre sur la voie des bus. Et qui dope la fréquentation des RCA. «On tourne à plein régime», explique le directeur des RCA qui a dû improviser çà et là des solutions afin de répondre à ce phénomène de masse. Comme «la mise en place d’un bus toutes les 7 minutes aux heures de pointe, soit le matin et le soir, au lieu des 15 minutes habituelles». Reste qu’à la gare routière de la ville de Nice, les usagers attendent toujours ces bus supplémentaires. D’ailleurs, sur la fiche horaire collée à l’arrêt, il est indiqué un RCA toutes les 10 minutes dans certaines tranches horaires. Pas plus, pas moins. En revanche, d’autres mesures sont déjà effectives. Comme la planification de  deux RCA vides entre 16h45 et 17h30 à Monaco. Ou la présence d’agents aux gares routières de Monaco et Menton. «Ce qui permet aux chauffeurs de prendre une pause pendant que les agents enregistrent les clients montant à bord du véhicule. Ainsi, les conducteurs ne perdent plus un temps pouvant aller jusqu’à 25 minutes, lié à un temps de compostage plus long à cause de l’affluence», explique Jean-Michel Lopez. Un renfort des effectifs bienvenu pour les chauffeurs qui sont, à l’image des voyageurs, au bord de l’asphyxie. «Je vais poser ma démission, explique l’un d’eux. C’est de pire en pire. Nous n’avons pas le temps de respirer et de prendre une pause. C’est toujours la course contre la montre». Une course qui contraint les conducteurs à rouler à plein régime dans les virages sinueux de la basse corniche. Résultat depuis quelques semaines : des évanouissements à répétition et même le vomissement d’un enfant.

 Ligne directe Nice-Monaco
Pour le directeur des RCA, le problème des chauffeurs semble compris, mais la pause, elle, semble jetée aux oubliettes : «La pause est nécessaire mais pas obligatoire. Les conducteurs font deux allers-retours dans une journée de travail, ce qui équivaut à 6 heures effectives».
Reste que tous ces problèmes rejaillissent sur l’efficacité du service. Et obligent la compagnie des Rapides Côte d’Azur à trouver des solutions sur le long terme. «Ajouter des bus dans le flux de la circulation ne serait pas concevable et engendrerait encore plus de bouchons, affirme Jean-Michel Lopez. L’avenir, c’est de songer à une ligne express Nice-Monaco et Menton-Monaco, car selon nos études, Monaco et Menton sont les arrêts les plus desservis». Reste à savoir si cette idée sera un jour concrétisée. La balle est maintenant dans le camp du Conseil général.

Monaco Hebdo n°563, du 24 au 30 mai 2007

 

Par Baquet - Publié dans : Transport
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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 21:27
11.jpg Les urgences représentent souvent le pouls d’un hôpital où l’imprévisible domine. Coup de projecteur sur le service du Centre Hospitalier Princesse Grace qui accueille près de 33 000 malades par an.
 

Il est 18 heures. La garde de nuit des médecins urgentistes commence. Exceptionnellement, la salle d’attente est vide. «C’est la ligne rouge, c’est-à-dire que personne n’attend pour être soigné. Or, généralement, cela n’arrive jamais à cette heure-là !», expliquent à l’unisson les membres du staff du service des urgences du CHPG. Car contrairement aux idées reçues, les urgences monégasques ne sont pas plus calmes qu’ailleurs. En 2006, le service a soigné 32 911 patients. «Soit une augmentation de 3,46 % par rapport à l’an passé», explique le Docteur Mélandri, chef du service. Un flux comparable aux hôpitaux de Cannes, Grasse ou Antibes. «Ici on ne se repose pas, affirme Julie Hecq, médecin. On en oublie même de boire». La jeune femme n’aura pratiquement pas touché à sa bouteille d’eau pendant sa dernière garde de 24 heures… D’ailleurs, dès 19 heures, les urgences se remplissent. 6 personnes attendent patiemment. Et côté personnel soignant, chacun s’affaire de box en box. Dans le premier, les médecins doivent ausculter un bébé qui est tombé de la table à langer. Dans la salle d’attente, la maman se sent coupable et ne peut réprimer ses larmes. Ensuite, ce sera le tour de cette jeune femme atteinte de pneumonie, qui a du mal prendre le temps de se soigner.  Mais aussitôt arrive une vieille dame qui, au départ, avait du mal à respirer et qui découvre, grâce aux médecins, une liste à rallonge de pathologies.

Méfi ! Dans le quotidien des urgentistes, il y a aussi des histoires “banales”. De la “bobologie”. «Certaines personnes viennent surtout pour être rassurées et décident en pleine nuit de consulter alors que leur douleur au genou dure depuis plus d’un mois», explique Nathalie, une infirmière qui esquisse un sourire entendu. «Un jeune homme est venu consulter car il se plaignait d’avoir un corps étranger dans la gorge. Après moult examens, aucun diagnostic n’a été établi. En réalité, il avait découvert, en se regardant dans le miroir, la présence d’une excroissance rouge. Il s’agissait en réalité de sa luette !», éclate de rire Nathalie… Seulement voilà. Ce type de situation arrive trop souvent. Et la perte de temps, elle, est constante. «Réveiller un médecin en pleine nuit pour un mal de tête, c’est un peu délicat. Mais tous les cas doivent être traités, même si certains peuvent attendre l’examen du médecin traitant», explique Anick Boyera, infirmière du service de nuit. Du coup, ces consultations font grimper les statistiques. Pour l’année 2005, le service des urgences a soigné, en moyenne, 90 patients par jour avec une pointe le lundi, avec 95 patients. En été, ce chiffre augmente de 50% avec 140 personnes traitées chaque jour. Résultat, la salle d’attente peut vite saturer. Ce qui fait monter la pression. «Nous avons trop souvent affaire à l’agressivité, surtout des familles qui ne comprennent pas pourquoi ils doivent attendre si longtemps. Pour eux, c’est leur douleur qui est plus importante». Et parmi le personnel, tous s’accordent à dire que cette agressivité est difficile à vivre. «C’est le mauvais côté des urgences», soupire une infirmière. Pour Djamila Talbi, aide-soignante depuis 17 ans dans le service, «c’est éprouvant». Mais c’est sans doute Corine, la secrétaire médicale en fonction depuis 25 ans qui, positionnée à l’accueil, doit principalement absorber le stress et l’impatience des patients. Et c’est avec diplomatie qu’elle tente de rassurer, calmer, analyser, et évaluer les pathologies afin de donner un premier ordre de priorité qui est transmis directement à l’infirmier en charge du rôle administratif. En effet, « inutile de chercher un ticket comme à la boucherie ou à la poste, précise un infirmier. Aux urgences, la pathologie la plus grave est traitée en premier». D’ailleurs, le CHPG n’est pas le plus mal loti des centres hospitaliers en terme d’attente. 80 % des patients en 2005 sont sortis au bout de 2 heures (passage externe en semaine). «Une durée d’attente relativement courte», se félicite le chef du service. Une réussite, qui, du coup attire les malades des autres hôpitaux comme Menton. «Ils viennent nous voir pour être sûr du diagnostic pourtant il reste le même», souligne le docteur Hecq. Et d’ajouter : «Ils souhaitent aussi profiter du plateau technique du CHPG. Ici tout est à portée de main, le délai d’attente en est donc réduit».

Quand tout s’accélère

A 20 h 55, l’alarme retentit. C’est celle du SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation), l’équivalent du SAMU français, qui effectue environ 500 sorties par an. Les pompiers appellent les urgences et définissent par mots clés la pathologie qu’il faut traiter de toute urgence sur le lieu du drame. Dès lors, un infirmier et un médecin sont détachés et doivent agir vite et bien. «Tout se passe à l’aveugle. On ne sait jamais sur quoi l’on va tomber»,«Il faut toujours anticiper les repos, les congés maladies, les indisponibilités», explique la cadre de santé. Véritable casse-tête, les horaires des infirmiers vont par tranches de 6h30 à 16h30, de 11h15 à 21h15 –plus un horaire coupé de 7h à 12h puis de 16h à 21h, et un soir décalé de 14h à minuit- la nuit. Quant aux infirmières, elles travaillent de 21h à 7h. Côté médecins, les horaires s’enchaînent par garde de 24 heures. Et ce n’est qu’à 22 heures que la secrétaire médicale a terminé sa journée. Résultat : les malades devront désormais appuyer sur un bouton pour que le personnel soignant vienne les prendre en charge. Et jusqu’à 5 heures du matin, les consultations se succédent. Avec à la clé toutes les pathologies. Défaillance cardiaque aiguë, inflammation de la vésicule biliaire, anémies profondes, fractures, plaies et bobos ont été diagnostiqués. Toute la nuit, les bébés, victimes d’otites, ont pleuré, les familles se sont inquiétées. Les urgentistes, eux, ont fait leur devoir. Accueillir, examiner, rassurer, évaluer, patienter, radiographier, palper, réagir… ils ont enchaîné les gestes et les malades. «On ne vient pas aux urgences par hasard, on choisit ce service», explique Dominique Vignon, médecin aux urgences depuis 1987. Pas de train-train quotidien. Ici les jours et les nuits ne se ressemblent pas. «Ceux qui travaillent à partir de minuit sont sur la base d’un volontariat, personne n’est contraint», explique Anny Soria, cadre de santé. Car travailler de nuit est souvent un choix. Et une préférence à l’image de Malika, infirmière. «J’ai choisi ce service pour concilier ma vie familiale et pour pouvoir m’occuper de mes enfants. Mais professionnellement, la nuit a ses avantages : plus de responsabilité, il faut faire face à des situations difficiles sans les privilèges de la journée où le personnel est en masse». Bien qu’attirée par cette autonomie et cette soif de responsabilité, Malika raccroche et reprend le service de jour. Fatiguée, décalée physiquement et socialement, «travailler la nuit est difficile». Certes, il a moins de passage, mais la vigilance doit toujours être la même quelque soit l’heure. Et il y a un aussi une souffrance, souvent cachée. Un souci de reconnaissance face aux mauvaises langues qui pensent que «la nuit, c’est plus facile». Cette non-reconnaissance, le personnel soignant de la nuit la déplore, mais cela ne l’empêche pas de se serrer les coudes. Pour Julie, médecin : «C’est quand on est seul, face à l’urgence, qu’on se rend compte à quel point une équipe est indispensable. Ce n’est d’ailleurs pas trop d’avoir 3 médecins jusqu’à minuit». Un constat d’autant plus valable certaines nuits. Comme celle du d’avril 2004, lorsque Monaco avait été réveillée par l’explosion d’une bombe au stade Louis II... explique Nathalie. A 21 heures, plus de surprise. Les pompiers amènent deux individus pour une rixe. Le téléphone n’arrête pas de sonner. C’est l’effervescence au moment même où deux équipes se chevauchent. Car bien travailler aux urgences, c’est surtout bien s’organiser. Ici tout est réglé comme du papier à musique. Rien n’est laissé au hasard.

Quand les soignants sont malades

« À la longue, la nuit, ça te détruit ». C’est sur ces mots que Michelle Di Tuoro, manipulatrice en radiologie, définit des horaires ingrats et qui plus est mal considérés. Fatigue, stress, irritabilités, tous ces symptômes sont liés aux problèmes de sommeil et à la pénibilité du travail de nuit. Le Docteur Estryn Brehar, médecin du travail de l’Assistance Publique a étudié ces phénomènes. Les femmes avec enfants sont particulièrement touchées en raison de leurs charges familiales journalières, prises sur leur temps de sommeil et de repos récupérateur. On trouve aussi « des troubles gastro-intestinaux et du comportement alimentaire avec modification des besoins qualitatifs et quantitatifs, et des troubles de l’assimilation et de la digestion », d’après une étude menée par l’association des cadres de santé de Monaco lors du 2ème forum soignant de 2004. D’autres pathologies en découlent : tendance à l’hypertension artérielle, réduction probable du système immunitaire, troubles psychoaffectifs avec baisse de la libido, risques coronariens accrus, dérèglements endocriniens, et enfin vieillissement prématuré. Une étude menée à l’assistance publique révèle une prise de poids d’au moins 10 kg pour 22 % des femmes travaillant moins de 3 ans et pour 50 % des femmes travaillant depuis plus de 3 ans de nuit. « Ce n’est pas la solution idéale pour perdre du poids ! », plaisante une infirmière. Mais le problème le plus fréquent est le trouble du sommeil. « L’endormissement est difficile : le matin, on entend les pas au-dessus de nos têtes, les portes claquent, bref personne ne fait attention », raconte Malika, infirmière. Les travailleurs de nuit ont donc un déficit du sommeil et plus particulièrement du paradoxal (du matin), phase de sommeil qui joue un rôle primordial dans le repos. 7 heures, la garde se termine pour les infirmières. Les médecins devront, eux, attendre 8 heures, une nouvelle journée commence au CHPG.
Monaco Hebdo n°544, du 11 au 17 janvier 2007
Par Julie Baquet - Publié dans : Social - Santé
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